Nous formons de futurs chiens d’alerte / 24 heures

Nous formons de futurs chiens d’alerte / 24 heures

Nous formons de futurs chiens d’alerte / 24 heures

Souhaitant donner un sens nouveau à leur carrière, Clémentine et Stéphanie ont choisi de se consacrer à l’éducation canine. Aujourd’hui, elles forment de futurs héros à quatre pattes, leur apprenant à anticiper les crises d’épilepsie ou d’hypoglycémie de leurs propriétaires. Clémentine nous raconte cette grande passion.Stéphanie Huguenot est la femme qui murmure à l’oreille des chiens. Elle est éducatrice et comportementaliste canin. Cette passion pour l’ami le plus fidèle de l’homme elle l’a depuis son plus jeune âge. Mais c’est en 2010 qu’elle décide d’en faire son métier profitant de ses connaissances acquises tout au long de ces années en leur compagnie. En 2020 elle ajoute une corde à son arc, Medical Flair. Une association qui a pour but d’éduquer des chiens d’assistance spécialisé en alerte médicale.

Nos parcours professionnels respectifs ne nous destinaient absolument pas à l’éducation canine: je travaillais dans le domaine de la mode, tandis que ma collaboratrice, Stéphanie, œuvrait dans les soins médicaux. Pourtant, nous avons choisi de prendre ce tournant et de rejoindre la voie qui nous passionne aujourd’hui. Ayant grandi entourée d’animaux, me diriger vers une carriere a leurs cotés m’intéressait énormément. Je voulais aider les gens et contribuer à faciliter leur existence auprès de leur animal de compagnie. Chacune de notre côté, nous avons donc entamé notre formation d’éducatrice canine, suivie d’une spécialisation en comportement, une base plus scientifique très éclairante quant au fonctionnement mental du chien.

La suite, nous la devons certainement au destin! Nous nous sommes rencontrées lors d’une conférence donnée à Paris par Simon Gadbois, professeur en neurosciences comportementales, travaillant avec des chiens d’alerte au Canada. C’était incroyable de voir un éminent universitaire se montrer aussi émerveillé devant la capacité de ces animaux! Une passion était née, autant pour Stéphanie que pour moi, et nous avons senti qu’il était temps d’explorer ce domaine à notre tour.

En 2020, nous avons suivi une formation auprès d’une spécialiste des chiens d’alerte dédiés aux personnes atteintes de diabète de type 1 ou sujettes à des crises d’épilepsie. La pandémie débutait, le premier confinement et le ralentissement de la société nous ont permis de nous lancer corps et âme dans ce projet. En Suisse, la plupart des chiens d’alerte sont éduqués au sein des organismes, nous voulions proposer à nos bénéficiaires de former leur propre chien, au sein de leur domicile. Et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. Depuis décembre 2020 nous avons créé notre propre association, Medical Flair. Nous collaborons notamment avec le CHUV, qui nous met en relation avec certains patients.

 

Les contacts que nous apporte cette activité, avec les humains comme avec les animaux, sont extraordinaires.

Le parfum du danger

Nous nous focalisons actuellement sur les crises d’épilepsie et le diabète de type 1, qui concernent respectivement 80000 et 40000 personnes en Suisse. L’objectif du chien d’alerte, dans le contexte de ces maladies, est de reconnaître l’odeur particulière que dégage une personne, juste avant l’arrivée d’une crise. Il est ainsi capable de la prévenir et de faire le nécessaire pour l’aider. Notre rôle est donc d’éduquer l’animal à aimer ce parfum, à l’associer à une réaction qui servira de sonnette d’alarme. Pour capturer cette odeur, nous demandons aux bénéficiaires de se tamponner le front et le cou avec un coton, peu de temps après une crise, et de le placer dans un sachet en plastique gardé au frais. De cette manière, nous pouvons conditionner le chien à la distinguer des autres senteurs.

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Or, la difficulté réside aussi dans le fait qu’avant d’être entraîné à l’alerte, l’animal doit devenir un chien d’assistance: il devra en effet suivre son propriétaire dans des lieux publics, tels que le cinéma ou le supermarché. Puis, dans un second temps, on commence à former le chien à l’alerte et au soutien de la personne, tout au long de la crise. Par exemple, dans le cas des individus sujets aux crises d’épilepsie, l’animal réagira en appuyant sur un bouton d’urgence et saura également adopter une position de sécurité en s’allongeant sur son propriétaire, afin d’éviter que celui-ci ne se blesse.

Leçon de philosophie canine

Il est absolument incroyable de constater à quel point ces chiens sont intelligents et instinctifs, à quel point ces tâches accomplies de leur plein gré leur tiennent à cœur. Il se passe quelque chose d’extraordinaire, lorsqu’en l’absence d’ordres, le chien doit s’autoriser à prendre ses propres décisions. Pendant nos formations, nous témoignons de l’instant où l’animal réfléchit par lui-même, finissant par comprendre qu’il doit agir, que son humain dépend de lui. C’est un moment magique, et le déclic provient du fait que nous ne mettons jamais les chiens dans une situation de contrainte: sinon, comme les humains, ils n’auraient plus aucune envie d’obtempérer!

Il faut savoir que toutes les races possèdent un flair suffisamment puissant pour détecter une crise. Je possède moi-même un carlin, Pom, dont la truffe «aplatie» ne limite absolument pas les capacités: elle est une excellente chienne d’alerte! C’est avec elle que je me suis entraînée, durant ma formation.

Au fur et à mesure, nous constatons le renforcement de ce lien incroyable entre ces personnes et leur chien: ce dernier ne s’ennuie jamais, se sent utile et investi d’une mission. Le bénéficiaire, quant à lui, apprend à se reposer sur son ami à quatre pattes, à lui faire confiance, à se sentir suffisamment apaisé et rassuré pour reprendre certaines activités qu’il avait peut-être délaissées, en raison de sa maladie.

Pour ma part, ce métier m’apprend à vivre dans le présent: les chiens se contentent d’être, dans le respect de ce qui les entoure. Ils ne sont pas guidés par l’égo, ils se fichent d’avoir du pouvoir ou de conquérir le monde. Ils essaient simplement de vivre aussi bien que possible, et c’est tout, avec une générosité exceptionnelle.

Plus belle la vie de chien avec Stéphanie

Plus belle la vie de chien avec Stéphanie

Plus belle la vie de chien avec Stéphanie

Stéphanie Huguenot est la femme qui murmure à l’oreille des chiens. Elle est éducatrice et comportementaliste canin. Cette passion pour l’ami le plus fidèle de l’homme elle l’a depuis son plus jeune âge. Mais c’est en 2010 qu’elle décide d’en faire son métier profitant de ses connaissances acquises tout au long de ces années en leur compagnie. En 2020 elle ajoute une corde à son arc, Medical Flair. Une association qui a pour but d’éduquer des chiens d’assistance spécialisé en alerte médicale.
Partage Extraordinaire

Partage Extraordinaire

Pour ce nouveau partage extra-ordinaire, nous avons le plaisir d’accueillir Clémentine Baumann Lauber, co-fondatrice de l’association Medical Flair. Elle nous parle de l’importance et de l’efficacité du flair canin pour détecter les prodromes de crise épileptique et d’hypoglycémie. Faites-lui un bon accueil!
Elles aident des familles à former leur chien / l’Illustré

Elles aident des familles à former leur chien / l’Illustré

Elles aident des familles à former leur chien à l’alerte

Educatrices canines, Clémentine Baumann et Stéphanie Huguenot veulent soutenir diabétiques et épileptiques en dressant le chien de famille à prévenir la crise.

En attendant que les chiens parviennent – c’est à l’étude – à détecter le coronavirus, ils se servent déjà de leur truffe pour aider les bipèdes. Notamment pour détecter l’arrivée d’une crise de diabète ou d’épilepsie. Après avoir assisté à une conférence du Canadien Simon Gadbois, neuro-éthologue spécialisé dans les canidés, Clémentine Baumann et Stéphanie Huguenot décident de se lancer. «Pour aider, tout simplement.»

Fondée en décembre, leur association, Medical Flair, propose de former les chiens à détecter une crise à venir: l’animal, entraîné à l’odeur de la sueur grâce à un coton imbibé, alertera son maître. De quoi faciliter le quotidien de la personne malade, qui pourra se mettre en position de sécurité ou tout simplement manger un fruit pour éviter l’hypoglycémie. «Une étude américaine a montré que le bien-être de la famille en sort renforcé et que les malades peuvent retrouver une vie quasi normale», souligne Clémentine Baumann.

Plus étonnant: peu importe la race, disent nos éducatrices. Par contre, l’animal doit être sociable, «bien dans ses pattes» et suffisamment jeune pour avoir l’énergie et l’envie d’apprendre. Selon Stéphanie Huguenot, «plein de chiens sont au chômage et seront ravis de travailler. Ils vont mener leur vie de chien et travailler de temps en temps. Cela sera bénéfique pour tout le monde.» Elles offrent également leurs services pour accompagner les personnes malades et désireuses d’avoir un chien dans leur choix d’un compagnon à quatre pattes. Le projet, que Medical Flair entend proposer gratuitement, suscite déjà de l’intérêt. Mais attention, cela représente, pour les propriétaires, plus d’une centaine d’heures de travail pendant une année, mieux vaut donc être motivé. Et, pour les éducatrices, un coût qu’elles espèrent amortir grâce à des dons. Des fondations ont été contactées.

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